Comment utiliser le PSR (Ratio Cours/Chiffre d'Affaires)
Nous expliquons le calcul, l'interprétation et les pièges du PSR, un outil pour évaluer les entreprises en croissance qui n'ont pas encore de bénéfices, en se basant sur leur chiffre d'affaires.
Qu'est-ce que le PSR ?
Le PSR (Price to Sales Ratio, ou Ratio Cours/Chiffre d'Affaires) est le résultat de la division de la capitalisation boursière d'une entreprise par son chiffre d'affaires annuel. On obtient le même résultat en divisant le cours de l'action par le chiffre d'affaires par action (SPS). Si la capitalisation boursière d'une entreprise est de 1 000 milliards d'euros et son chiffre d'affaires annuel de 500 milliards d'euros, le PSR est de 2x.
Le PSR attire l'attention parce que le chiffre d'affaires est un élément relativement moins affecté par les traitements comptables. Alors que le bénéfice net peut être fortement influencé par les méthodes d'amortissement, les charges exceptionnelles ou les impôts, le chiffre d'affaires est plus stable. C'est pourquoi le PSR peut être calculé même pour les entreprises déficitaires ou celles dont les bénéfices sont irréguliers.
Si le PER (Price to Earnings Ratio) est basé sur les bénéfices, le PSR se base sur l'étape supérieure, le chiffre d'affaires. Cet article est un document éducatif expliquant un concept auxiliaire et ne constitue en aucun cas une recommandation d'achat de titres spécifiques.
Pourquoi utiliser le PSR pour les entreprises déficitaires ?
Les entreprises en phase de démarrage de croissance consacrent souvent d'importants fonds à l'acquisition d'utilisateurs ou à l'investissement en capital, et ne génèrent pas intentionnellement de bénéfices. Dans ce cas, si le bénéfice net est négatif, le PER devient négatif et perd son sens. Si le dénominateur est proche de zéro, le PER peut atteindre des centaines de fois, rendant toute comparaison impossible.
En revanche, le chiffre d'affaires a une valeur positive même pour les entreprises déficitaires, de sorte que le PSR peut toujours être calculé. Par exemple, même pour une entreprise avec un chiffre d'affaires de 200 milliards d'euros et une perte nette de 30 milliards d'euros, si sa capitalisation boursière est de 600 milliards d'euros, le PSR sera clairement de 3x. C'est pourquoi le PSR est fréquemment utilisé dans les secteurs où les pertes initiales sont courantes, comme le cloud, la biotechnologie ou les plateformes.
Cependant, le PSR repose sur l'hypothèse que 'ce chiffre d'affaires se transformera un jour en bénéfices'. Étant donné que certaines entreprises ne parviennent jamais à devenir rentables, il est essentiel d'évaluer le PSR en tenant compte de la probabilité de conversion en bénéfices.
Comment interpréter les chiffres ?
Il n'y a pas de niveau 'juste' absolu pour le PSR. Un PSR de 3x n'a pas la même signification pour une entreprise avec une marge d'exploitation de 5% que pour une autre avec 30%. Cela est dû à la différence d'efficacité avec laquelle elles convertissent 1 unité de chiffre d'affaires en bénéfice. Par conséquent, le PSR est le plus pertinent lorsqu'il est utilisé pour comparer des entreprises du même secteur et ayant des structures de marge similaires.
Généralement, les entreprises de logiciels à forte marge et à croissance rapide ont tendance à avoir un PSR élevé (par exemple, 8 à 15x), tandis que les entreprises de distribution ou de fabrication à faible marge ont tendance à avoir un PSR bas (par exemple, 0,3 à 1x). C'est le résultat du marché qui intègre dans le prix la question de savoir 'dans quelle mesure le chiffre d'affaires se transformera en bénéfices substantiels à l'avenir'.
Le marché coréen a tendance à être plus conservateur dans l'évaluation des actions de croissance à PSR élevé par rapport aux États-Unis, où le marché américain a tendance à accorder des PSR élevés aux entreprises de logiciels et de plateformes. Par conséquent, comparer des entreprises nationales et internationales uniquement sur la base de leur PSR est risqué.
Utilisation pratique — Examiner les marges conjointement
Lorsque l'on utilise le PSR, il est essentiel de l'associer systématiquement à la marge d'exploitation (ou à la marge cible). Une méthode simple de vérification consiste à estimer inversement le multiple basé sur les bénéfices en utilisant 'PSR ÷ Marge d'exploitation prévue'. Si le PSR est de 6x et que la marge d'exploitation potentielle future est de 20%, on peut estimer que le PER, une fois cette marge réalisée, serait d'environ 30x (6 ÷ 0,2).
Autrement dit, un même PSR peut indiquer une action chère ou une action raisonnable, selon les hypothèses de marge future. Si la marge augmente à 25%, le même PSR de 6x correspondrait à un PER de 24x, ce qui semblerait plus favorable.
Il est également utile d'examiner le PSR sur une série chronologique. Si le PSR d'une entreprise a historiquement oscillé autour de 4x et qu'il est maintenant à 8x, cela pourrait être un signe que les attentes de croissance du chiffre d'affaires ont considérablement augmenté ou qu'il y a une surchauffe. Plus que la valeur absolue, c'est la position de l'entreprise 'par rapport à sa propre histoire' qui en dit le plus.
Pièges et limites du PSR
Le plus grand piège est que le PSR ne reflète absolument pas la structure des coûts ni l'endettement. Des entreprises avec le même chiffre d'affaires mais des coûts élevés, restant perpétuellement déficitaires, peuvent apparaître avec le même PSR que des entreprises sur le point de devenir rentables. Il y a un risque que le PSR présente favorablement une entreprise qui a un chiffre d'affaires élevé mais dont la trésorerie s'épuise.
Pour les entreprises fortement endettées, le PSR basé sur la capitalisation boursière peut sous-estimer la valeur réelle de l'entreprise. Dans ce cas, l'EV/Sales (Enterprise Value / Sales), qui divise la valeur d'entreprise (EV, capitalisation boursière plus dette nette) par le chiffre d'affaires, est plus juste.
Enfin, il faut examiner la 'qualité' du chiffre d'affaires. Les contrats uniques de grande envergure, la simple revente à faible marge ou les revenus dont les critères de reconnaissance sont laxistes manquent de durabilité. Si l'on ne vérifie pas la part du chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros qui est récurrente, et si le taux de croissance ralentit, le chiffre du PSR peut facilement être mal interprété.
Points clés à retenir
PSR = Capitalisation boursière ÷ Chiffre d'affaires. C'est un indicateur auxiliaire qui comble le vide laissé par le PER lors de l'évaluation d'entreprises en croissance, déficitaires ou dont les bénéfices sont très volatils. Il doit être examiné en conjonction avec la marge d'exploitation, le taux de croissance du chiffre d'affaires et le niveau d'endettement, plutôt que d'être utilisé seul.
Voici trois points à retenir : Premièrement, ne le comparez qu'entre entreprises du même secteur et avec des marges similaires. Deuxièmement, convertissez-le en PER en utilisant des hypothèses de marges futures. Troisièmement, si l'endettement est élevé, examinez également l'EV/Sales. Le PSR n'est pas un outil pour affirmer si une action est 'chère/bon marché', mais plutôt un point de départ pour poser des questions.
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