Le PCR (Price to Cash Flow Ratio) : définition
C'est un indicateur de valorisation basé sur la trésorerie, qui permet d'évaluer si le cours d'une action est cher ou bon marché, non pas en fonction du bénéfice comptable, mais du flux de trésorerie d'exploitation.
Définition du PCR et sa différence avec le PER
Le PCR (Price to Cash Flow Ratio, ou ratio cours/flux de trésorerie) est le résultat de la division du cours de l'action par le flux de trésorerie par action. Le flux de trésorerie utilisé comme dénominateur est généralement le flux de trésorerie d'exploitation (FTE) ou la somme du bénéfice net et des charges non monétaires telles que l'amortissement. La différence essentielle est que le PER se base sur le bénéfice net comptable, tandis que le PCR se base sur la trésorerie réellement encaissée par l'entreprise.
Ces deux indicateurs répondent à des questions différentes. Le PER examine 'combien de fois le marché valorise 1 dollar de bénéfice comptable', tandis que le PCR examine 'combien de fois le marché valorise 1 dollar de trésorerie réellement générée'. Même pour la même entreprise, ces deux valeurs peuvent diverger considérablement en fonction de l'importance des amortissements ou des méthodes comptables. Les examiner ensemble aide à évaluer la qualité des bénéfices.
Cet article est un document à but éducatif expliquant les principes de cet indicateur et ne constitue en aucun cas une recommandation d'achat ou de vente de titres spécifiques.
Méthode de calcul et exemple numérique
La formule de calcul est simple. On obtient la même valeur en divisant le cours de l'action par le flux de trésorerie d'exploitation par action, ou en divisant la capitalisation boursière par le flux de trésorerie d'exploitation annuel. Par exemple, si le cours de l'action est de 100 $ et le flux de trésorerie d'exploitation par action est de 10 $, le PCR est de 10x. Si l'EPS (bénéfice par action) de la même entreprise est de 5 $, le PER serait de 20x, ce qui signifie que le PER apparaît deux fois plus élevé que le PCR.
Cette différence est due aux charges non monétaires. Dans les industries manufacturières ou les télécommunications, qui nécessitent d'importants investissements en capital, les amortissements réduisent le bénéfice net chaque année, mais l'amortissement n'est pas une sortie de trésorerie réelle. Par conséquent, même si le bénéfice net semble faible, le flux de trésorerie est plus important, et le PCR a tendance à être calculé plus bas que le PER.
Il existe aussi des cas inverses. Si le bénéfice net d'une entreprise est de 100 $ mais que le flux de trésorerie d'exploitation n'est que de 40 $ en raison d'une augmentation rapide des créances clients et des stocks, le PCR sera plus élevé que le PER. C'est un signe que le bénéfice a été réalisé, mais qu'il n'a pas encore été converti en trésorerie.
Critères d'interprétation
Généralement, un PCR plus bas est considéré comme un signe que le cours de l'action est bon marché par rapport à la trésorerie générée. Cependant, il n'existe pas de critère absolu ; il prend tout son sens lorsqu'il est comparé aux concurrents du même secteur ou à la fourchette historique du PCR du titre en question. En effet, la fourchette normale varie d'un secteur à l'autre : les industries à forte intensité capitalistique ont structurellement un PCR bas, tandis que les entreprises de logiciels, qui ont des actifs légers, ont tendance à avoir un PCR élevé.
Il est particulièrement utile de comparer le PER et le PCR côte à côte et d'observer l'écart entre eux. Si le PER est élevé mais que le PCR est nettement plus bas, il est probable qu'il s'agisse d'une industrie lourde avec une charge d'amortissement importante. Inversement, si le PER est bas mais que le PCR est élevé, cela pourrait indiquer que le bénéfice comptable n'est pas suffisamment soutenu par la trésorerie. La direction et l'ampleur de cet écart fournissent des indices sur la nature des bénéfices.
Utilisation pratique
Le PCR est particulièrement utile lorsque le bénéfice comptable est temporairement faussé. Même lorsque le bénéfice net bascule dans le rouge en raison d'une dépréciation exceptionnelle et importante, rendant le calcul du PER impossible, une évaluation reste possible avec le PCR si le flux de trésorerie d'exploitation est positif. En effet, la dépréciation est également une charge comptable sans sortie de trésorerie réelle.
Il est également utilisé comme indicateur auxiliaire pour évaluer les secteurs cycliques ou les entreprises dont la volatilité des bénéfices est élevée. Dans les secteurs à forte intensité d'actifs, comme l'acier, le raffinage ou la construction navale sur le marché coréen du KOSPI, ou les entreprises de télécommunications et de services publics sur le marché américain, la part des amortissements est importante, et le PCR tend souvent à refléter plus stablement la capacité bénéficiaire.
Cependant, il est plus sûr de recouper le PCR avec d'autres indicateurs tels que le PER, le PBR et l'EV/EBITDA, plutôt que de tirer des conclusions basées uniquement sur le PCR. La fiabilité du jugement augmente lorsque plusieurs indicateurs pointent dans la même direction.
Pièges et limites
Le premier piège est que la définition du flux de trésorerie n'est pas uniforme. Certaines sources utilisent le flux de trésorerie d'exploitation, tandis que d'autres utilisent un flux de trésorerie simple, qui est le bénéfice net augmenté uniquement des amortissements. Étant donné que le dénominateur peut varier d'une source à l'autre, entraînant des valeurs de PCR différentes, il est essentiel de vérifier que les chiffres comparés ont été calculés selon la même définition.
Le flux de trésorerie d'exploitation est susceptible de fluctuer trimestriellement en fonction des variations du fonds de roulement. Le simple moment de l'encaissement des créances clients ou l'ajustement des stocks peuvent fortement influencer le flux de trésorerie d'un trimestre, il est donc préférable d'examiner les moyennes annuelles ou sur plusieurs années plutôt qu'un seul trimestre pour réduire les distorsions.
De manière cruciale, le PCR ne déduit pas les dépenses d'investissement (CAPEX). Une entreprise qui nécessite d'importants investissements pour maintenir ses équipements peut avoir un flux de trésorerie d'exploitation substantiel, mais peu de trésorerie excédentaire disponible pour les actionnaires. Cette lacune doit être comblée par l'indicateur de flux de trésorerie disponible (FCF), qui soustrait le CAPEX.
Points clés à retenir
Le PCR est un indicateur qui permet d'évaluer le cours d'une action en contournant les distorsions du bénéfice comptable et en se basant sur la capacité réelle de génération de trésorerie. Un PCR plus bas est généralement interprété comme une sous-évaluation par rapport à la trésorerie, mais il ne prend tout son sens qu'en tenant compte des caractéristiques du secteur, de la fourchette historique et de l'écart avec le PER.
Pour éviter les pièges, il faut se souvenir de trois choses : vérifier la définition du dénominateur, lisser les fluctuations à court terme en utilisant des moyennes, et compléter l'analyse par le FCF pour les entreprises à fort CAPEX. Aucun indicateur unique n'est infaillible, c'est pourquoi l'habitude de croiser plusieurs mesures est essentielle pour la qualité du jugement.
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