Critères de fixation du stop loss
Le stop loss est une ligne de perte définie avant l'entrée en position, et doit être fixé selon des critères objectifs comme l'ATR ou un pourcentage par rapport au plus haut pour éviter l'intervention des émotions.
Qu'est-ce qu'un stop loss ?
Le stop loss est un prix prédéfini auquel on décide de vendre un titre pour matérialiser une perte si son cours tombe en dessous d'un certain niveau. L'essentiel réside dans le mot 'préalablement'. Si l'on hésite après que le cours ait déjà chuté, la psychologie d'aversion à la perte peut retarder la décision de vente. Il est donc fondamental de fixer numériquement le point de sortie avant d'entrer en position.
Le stop loss est un mécanisme qui permet de contrôler le montant maximal qu'on peut perdre sur une seule transaction. Si vous achetez une action à $100 et fixez le stop loss à $90, le risque encouru sur cette transaction est limité à $10 par action. En fixant ainsi un seuil de perte, on évite qu'une seule erreur ne menace l'ensemble du compte de trading.
Cet article est un document éducatif expliquant les principes du stop loss et ne constitue en aucun cas une recommandation d'achat ou de vente de titres spécifiques. Les critères appropriés varient selon les marchés et les titres, il est donc essentiel de comprendre les principes et de les adapter à sa propre situation.
La méthode du pourcentage fixe et ses limites
La méthode la plus simple consiste à fixer le stop loss à un certain pourcentage par rapport au prix d'achat. Si vous décidez de vendre un titre en cas de baisse de 8% par rapport au prix d'achat, un titre acheté à $100 sera vendu à $92. L'avantage est que la règle est claire, facile à suivre pour les débutants, et permet de maintenir une amplitude de perte constante.
Cependant, la méthode du pourcentage fixe a pour faiblesse d'ignorer la volatilité du titre. Si l'on applique le même pourcentage de 8% à une valeur sûre qui ne bouge généralement que de 1 à 2% par jour et à une valeur de croissance qui fluctue de plus de 5%, le stop loss peut être déclenché fréquemment et inutilement sur les titres très volatils, même lors de fluctuations normales. C'est pourquoi il est nécessaire d'ajuster l'amplitude du stop loss en fonction de la volatilité.
Stop loss basé sur l'ATR : s'adapter à la volatilité
L'ATR (Average True Range) est un indicateur de volatilité qui mesure l'amplitude moyenne des mouvements quotidiens d'un titre sur une période donnée. On utilise généralement l'ATR sur 14 jours ; si l'ATR est de $3, cela signifie que le titre a bougé en moyenne d'environ $3 par jour récemment. Fixer le stop loss comme un multiple de l'ATR permet de refléter la volatilité intrinsèque du titre.
Par exemple, pour un titre acheté à $100 avec un ATR sur 14 jours de $3, l'application de la règle '2 fois l'ATR' donnera un stop loss de 100 - (3 × 2) = $94. Pour les titres stables avec un petit ATR, le stop loss sera fixé plus près du prix d'achat, tandis que pour les titres avec un grand ATR, il sera plus éloigné, ce qui réduit les liquidations inutiles dues aux fluctuations quotidiennes.
Les multiples de l'ATR couramment utilisés sont de 2 à 3 fois, mais il n'y a pas de réponse unique. Augmenter le multiple réduit les faux déclenchements de stop loss mais augmente l'amplitude de la perte, tandis que le réduire entraîne des liquidations fréquentes même lors de fluctuations normales.
Stop loss suiveur de tendance : par rapport au plus haut et moyennes mobiles
Pour conserver un titre profitable le plus longtemps possible, il est utile de ne pas fixer le stop loss mais de le faire monter avec le cours. Le trailing stop (stop suiveur) en est un exemple typique : il déclenche une vente si le cours baisse d'un certain pourcentage par rapport au plus haut atteint après l'entrée en position. Avec une règle de 15% par rapport au plus haut, si le cours passe de $100 à $150, la position sera liquidée à $127.5 (15% de baisse par rapport à $150), protégeant ainsi les bénéfices en ajustant le stop loss au plus haut.
Les moyennes mobiles sont également utilisées comme critères de stop loss. Par exemple, on vend si le cours de clôture franchit clairement à la baisse la moyenne mobile sur 20 jours. Cette méthode permet de conserver la position tant que la tendance est intacte et de sortir lorsqu'un signal d'inversion apparaît, ce qui s'aligne bien avec les stratégies de suivi de tendance.
Cependant, ces deux méthodes sont moins efficaces dans les marchés en range (latéraux). Dans les périodes de fluctuations sans direction claire, des liquidations fréquentes peuvent se répéter, augmentant ainsi les coûts. Il est donc important de les utiliser en fonction de la phase du marché.
Contrôler le risque par la taille de la position, et non par l'amplitude de la perte
Fixer un stop loss ne suffit pas à gérer le risque. La véritable variable de contrôle est 'quel pourcentage du compte suis-je prêt à perdre sur une seule transaction ?'. Un critère couramment utilisé est de 1 à 2% du compte par transaction. La quantité d'actions à acheter est déterminée par 'limite de risque ÷ amplitude du stop loss'. Si vous avez un compte de $10,000, limitez le risque à 1% ($100), et l'écart entre le prix d'achat et le stop loss est de $10 par action, alors la quantité d'actions à acheter sera de $100 ÷ $10 = 10,000 actions.
Cette formule conduit à la conclusion que plus l'amplitude du stop loss est large pour un titre, moins il faut en acheter. En effet, si la distance jusqu'au stop loss est grande, il faut réduire la quantité pour respecter la même limite de risque.
En fixant ainsi le risque à un pourcentage constant, même en cas de pertes consécutives, le compte diminue lentement. Si vous perdez 1% par transaction, même après cinq stop loss consécutifs, la perte ne sera que d'environ 5%, restant ainsi dans une fourchette récupérable.
Pièges courants et points de contrôle
L'erreur la plus courante est de fixer un stop loss, mais de le déplacer en se disant 'attendons encore un peu' lorsqu'il est atteint. Dès que le stop loss est repoussé vers le bas, la règle du stop loss est invalidée, et on entre dans le chemin typique où une petite perte se transforme en une grande perte. Un stop loss n'est qu'un chiffre sur le papier s'il n'est pas exécuté.
Une autre erreur est de placer le stop loss à un endroit évident, comme juste en dessous d'un niveau de support visible par tous. Si les ordres de stop loss s'accumulent autour de ce niveau, le prix peut facilement être entraîné dans une fluctuation temporaire qui touche ce point avant de rebondir. Laisser une petite marge par rapport au niveau de support ou prendre en compte une distance basée sur l'ATR peut aider à réduire ce type de bruit.
En résumé, trois points sont à vérifier. Premièrement, le stop loss a-t-il été fixé numériquement avant l'entrée en position ? Deuxièmement, cette distance est-elle raisonnable au regard de la volatilité du titre (ATR, pourcentage par rapport au plus haut, etc.) ? Troisièmement, la taille de la position a-t-elle été réduite en fonction de cette amplitude de stop loss ? Lorsque ces trois éléments sont alignés, le stop loss devient une règle pour protéger le compte, et non une peur qui amplifie les pertes.
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