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Lexique boursier · Analyse fondamentale

Différence entre le ROA et le ROE

Le ROE mesure l'efficacité des capitaux propres des actionnaires, tandis que le ROA mesure l'efficacité de l'ensemble des actifs, y compris la dette. L'écart entre les deux est créé par l'effet de levier.

Rédigé et vérifié par: l'équipe éditoriale Margin Call·Publié: 2026-04-01·Dernière vérification: 2026-04-28·Environ 4–5 min de lecture

Définition des deux indicateurs

Le ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres) est le résultat net divisé par les capitaux propres. Il indique dans quelle mesure une entreprise génère des bénéfices avec l'argent confié par les actionnaires. Le ROA (Return on Assets, rendement des actifs) est le résultat net divisé par le total des actifs ; il mesure l'efficacité avec laquelle l'ensemble des actifs, y compris les fonds financés par la dette, génère des bénéfices.

La différence essentielle réside dans le dénominateur. Étant donné que le total des actifs est la somme des capitaux propres et des dettes, le dénominateur du ROA est toujours supérieur ou égal à celui du ROE. Si une entreprise n'a aucune dette, le total des actifs et les capitaux propres sont identiques, et le ROA et le ROE coïncident. Cependant, la plupart des entreprises utilisent de la dette, ce qui fait que le ROE est généralement supérieur au ROA.

Cet article est une explication éducative visant à comprendre les principes de ces indicateurs.

Calcul et rôle de l'effet de levier

Prenons l'exemple d'une entreprise fictive. Supposons un résultat net de $100, des capitaux propres de $1 000 et une dette de $1 000. Le total des actifs est donc de $2 000, ce qui donne un ROA de 100 ÷ 2 000 = 5%. Le ROE sera de 100 ÷ 1 000 = 10%. Bien que le bénéfice soit le même, l'utilisation de la dette à hauteur de la moitié des capitaux propres fait apparaître le rendement pour les actionnaires comme étant le double.

Le pont qui relie ces deux indicateurs est l'effet de levier financier. Le ROE peut être décomposé en 'ROA × (total des actifs ÷ capitaux propres)'. Dans l'exemple ci-dessus, le ratio total des actifs ÷ capitaux propres est de 2 000 ÷ 1 000 = 2. Ainsi, en multipliant le ROA de 5% par 2, on obtient un ROE de 10%. Si l'entreprise contracte davantage de dettes, ce multiplicateur augmente et le ROE gonfle en conséquence.

Par conséquent, on ne peut pas conclure qu'une entreprise est bonne uniquement sur la base d'un ROE élevé. Il est essentiel de distinguer si cette valeur élevée provient de l'efficacité des actifs de l'activité principale (ROA) ou d'une utilisation intensive de la dette.

Critères d'interprétation

Le niveau approprié du ROA varie considérablement selon le secteur d'activité. Dans les industries manufacturières ou aéronautiques, qui nécessitent d'importants investissements en actifs, le ROA reste souvent à un chiffre bas. En revanche, dans les secteurs à faible intensité d'actifs comme les logiciels ou le conseil, un ROA à deux chiffres est possible. C'est pourquoi le ROA prend tout son sens lorsqu'il est comparé au sein du même secteur, plutôt qu'en tant que valeur absolue.

Un ROE de 10 à 15% ou plus est souvent considéré comme bon, mais ce critère nécessite également un contexte. Une entreprise qui génère un ROE élevé avec peu ou pas de dette et une entreprise qui atteint le même ROE en utilisant beaucoup de dette présentent des profils de risque totalement différents. Il est important de prendre l'habitude d'examiner les deux indicateurs ensemble et de vérifier l'ampleur de l'écart entre le ROE et le ROA.

Un écart important est un signe de forte dépendance à l'effet de levier. En période de prospérité, cet effet de levier amplifie le ROE, mais en période de récession, le même effet de levier amplifie les pertes.

Application pratique

Sur le marché coréen, par exemple, les entreprises financières comme les banques, les assurances et les sociétés de valeurs mobilières opèrent structurellement avec d'importantes dettes (dépôts, passifs d'assurance, etc.), ce qui se traduit par un ROA faible, autour de 1%. Comparer ce chiffre avec le ROA d'une entreprise manufacturière générale serait une erreur. Le point de départ est de comprendre d'abord les spécificités du secteur, puis de comparer les entreprises au sein de la même industrie.

Le même principe s'applique sur le marché américain. Par exemple, si une entreprise réduit ses capitaux propres par des rachats d'actions, le dénominateur diminue et le ROE augmente. Cependant, si les actifs et les bénéfices restent inchangés, le ROA ne bouge pas. Pour éviter de confondre cette augmentation du ROE avec une amélioration de l'activité principale, il est essentiel de vérifier également le ROA.

Il est également utile d'examiner la tendance de ces deux indicateurs sur plusieurs années. Si le ROA s'améliore et que le ROE augmente également, il est probable que cela résulte d'une meilleure efficacité de l'activité principale. Si le ROA stagne mais que seul le ROE augmente, cela pourrait être l'effet d'une augmentation de la dette.

Pièges et limites

Le premier piège est celui des bénéfices exceptionnels. Si des éléments non récurrents comme les plus-values de cession d'actifs ou les remboursements d'impôts sont inclus dans le résultat net, le ROA et le ROE de cette année-là peuvent temporairement bondir. Si l'on ne vérifie pas si le résultat net, qui est le numérateur, provient de manière constante de l'activité principale, les deux indicateurs seront faussés.

Le deuxième piège survient lorsque les capitaux propres sont très faibles ou négatifs. Si les capitaux propres approchent de zéro en raison de pertes cumulées ou de rachats d'actions excessifs, le ROE devient anormalement élevé ou perd tout son sens. Dans de telles situations, le ROA, dont le dénominateur est plus stable, reflète plus fidèlement la véritable capacité de bénéfice de l'entreprise.

Troisièmement, ces deux indicateurs ne sont que des mesures d'efficacité passées et présentes basées sur la valeur comptable ; ils ne renseignent pas sur la croissance future ni sur la juste valeur du cours de l'action. Pour évaluer la valorisation, il est nécessaire d'examiner également des indicateurs basés sur le prix du marché, tels que le PER ou le PBR.

Points clés à retenir

En résumé, le ROA mesure l'efficacité de l'ensemble des actifs, y compris la dette, tandis que le ROE mesure l'efficacité des seuls capitaux propres des actionnaires. L'écart entre les deux est créé par l'effet de levier financier, et ils sont liés par la relation 'ROE = ROA × (total des actifs ÷ capitaux propres)'.

En pratique, trois points doivent être vérifiés : le ROA a-t-il été comparé au sein du même secteur ? Si le ROE est élevé, sa source est-elle l'efficacité de l'activité principale ou la dette ? Le résultat net contient-il des éléments exceptionnels ? En répondant à ces trois questions, on peut interpréter les deux indicateurs de manière beaucoup plus fiable.

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⚠️ Ce contenu est une information générale à but pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement de Margin Call. Vos décisions d'investissement relèvent de votre seule responsabilité.