Rendement des obligations vs rendement des actions
Les rendements des obligations et des actions diffèrent par leur mode de calcul, leur volatilité et leur sensibilité économique. Comprendre les deux est essentiel pour avoir une vision globale de l'allocation d'actifs.
Que mesurent ces deux rendements ?
Le rendement obligataire désigne le rendement annualisé obtenu lorsque des flux de trésorerie fixes (intérêts et capital) sont reçus au prix actuel. Le rendement à l'échéance (YTM), qui suppose une détention jusqu'à l'échéance, en est un exemple typique et est relativement prévisible car il s'agit d'une promesse faite au moment de l'émission.
Le rendement des actions est déterminé par la somme des variations de prix (plus-values) et des dividendes, et les attentes concernant les bénéfices futurs sont reflétées dans le prix. Alors que les intérêts obligataires sont un droit contractuel, les dividendes et l'appréciation du cours des actions ne sont pas garantis et dépendent de la performance de l'entreprise. Cet article a un but éducatif, comparant la nature de ces deux classes d'actifs, et ne recommande aucun titre spécifique ni aucun achat.
Comment calculer les rendements ?
Le prix et le rendement des obligations évoluent en sens inverse. Si vous achetez une obligation d'une valeur nominale de 10 000 € et d'un taux nominal de 4 % pour 9 800 €, le taux d'intérêt reçu (400 €) est fixe, de sorte que le rendement réel sera supérieur à 4 % en raison du prix d'achat inférieur. Si les taux d'intérêt du marché augmentent, le prix des obligations existantes diminue, et si les taux diminuent, le prix augmente.
Pour les actions, le rendement attendu peut être estimé sur la base des bénéfices. Si le cours de l'action est de 100 € et le bénéfice par action (BPA) de 5 €, le PER est de 20x, et son inverse, le 'rendement des bénéfices' (earnings yield), est de 5 %. Cette méthode de comparaison de ce 5 % avec le rendement à l'échéance des obligations est fréquemment utilisée dans l'allocation d'actifs.
Critères d'interprétation : à quoi les comparer ?
Le principal point de comparaison est le rendement des obligations d'État, qui comportent très peu de risques. La différence entre le rendement des bénéfices des actions et le rendement des obligations d'État est souvent appelée la prime de risque des actions. Par exemple, si le rendement des bénéfices est de 5 % et que le rendement des obligations d'État à 10 ans est de 3 %, la prime est de 2 points de pourcentage, ce qui représente le rendement excédentaire attendu par les actions en compensation du risque supplémentaire pris.
Si cette prime s'amincit, les actions semblent chères par rapport aux obligations ; si elle s'épaissit, elles paraissent relativement plus attrayantes. Cependant, il ne s'agit que d'une mesure relative, et il faut également considérer que l'évaluation d'un même cours boursier peut changer si le rendement des obligations d'État lui-même varie.
En pratique : rôle dans l'allocation d'actifs
Traditionnellement, les obligations servent de 'point d'ancrage' dans un portefeuille grâce à leurs intérêts stables et leur faible volatilité, tandis que les actions sont le moteur de croissance à long terme. Une répartition typique est de 60 % d'actions et 40 % d'obligations, la tendance des deux actifs à évoluer différemment réduisant la volatilité globale.
L'attractivité relative des deux actifs varie également en fonction du cycle économique. Pendant les périodes de baisse des taux d'intérêt, les prix des obligations augmentent et les actions bénéficient souvent de la baisse des taux d'actualisation, mais lorsque l'inflation est élevée, les deux peuvent être secoués simultanément. Pour un investisseur coréen, il faut également considérer que les fluctuations des taux de change s'ajoutent aux rendements lors de la détention simultanée d'obligations en won coréen et d'actions américaines.
Pièges et limites
La comparaison des rendements des bénéfices repose sur l'hypothèse d'un BPA stable. Si les bénéfices diminuent en raison d'un ralentissement économique, la capacité de gain réelle s'affaiblit même si le PER reste le même, de sorte qu'une simple comparaison numérique peut induire en erreur. Pour les obligations également, se fier uniquement au rendement apparent peut faire ignorer les risques ; un taux d'intérêt plus élevé pour un émetteur ayant une faible notation de crédit compense le risque de défaut plus élevé.
De plus, les obligations et les actions ne se comportent pas toujours de manière opposée. Dans un environnement de forte hausse des taux d'intérêt, les prix des obligations et les cours des actions peuvent chuter simultanément, de sorte que l'effet de diversification pourrait ne pas fonctionner comme prévu. Il est nécessaire d'adopter une attitude qui ne présume pas que les corrélations passées se maintiendront à l'avenir.
Points clés à retenir
Premièrement, le rendement des obligations évolue en sens inverse de leur prix et se compare par le rendement à l'échéance ; le rendement des actions peut être converti en rendement des bénéfices (l'inverse du PER) pour être comparé. Deuxièmement, la prime de risque, calculée en soustrayant le rendement des obligations d'État du rendement des bénéfices des actions, permet d'évaluer l'attractivité relative, mais ne doit pas être considérée comme une mesure absolue.
Troisièmement, la raison de combiner les deux actifs est de diversifier la volatilité en s'exposant à des risques différents, mais cet effet n'est pas toujours garanti. Il est préférable de définir d'abord votre horizon d'investissement et votre tolérance au risque avant de décider des pondérations, plutôt que de simplement comparer des chiffres.
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