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Le portefeuille 60/40 : État des lieux

Cet article explore les principes de la stratégie classique de diversification des risques avec 60 % d'actions et 40 % d'obligations, ainsi que ses limites face aux environnements de taux d'intérêt et d'inflation fluctuants.

Rédigé et vérifié par: l'équipe éditoriale Margin Call·Publié: 2026-04-01·Dernière vérification: 2026-04-28·Environ 4–5 min de lecture

Qu'est-ce que le portefeuille 60/40 ?

Le portefeuille 60/40 est une stratégie équilibrée qui alloue 60 % des actifs aux actions et 40 % aux obligations. La clé réside dans la répartition des rôles : les actions visent la croissance à long terme, tandis que les obligations amortissent la volatilité et génèrent des revenus d'intérêts. C'est une structure d'allocation d'actifs qui a longtemps servi de 'valeur par défaut' pour les particuliers comme pour les fonds de pension.

Le point de départ de cette stratégie est simple. Un portefeuille composé à 100 % d'actions offre un rendement attendu élevé, mais les pertes peuvent être importantes en période de baisse du marché. Un portefeuille composé uniquement d'obligations est stable, mais il peut être difficile de suivre l'inflation. L'objectif du 60/40 est de mélanger ces deux actifs pour viser un équilibre entre rendement et stabilité. Cet article est un document éducatif destiné à expliquer les principes de l'allocation d'actifs, et non une recommandation de produit spécifique.

Le principe de calcul pour combiner rendement et volatilité

Le rendement attendu peut être approximé par une simple moyenne pondérée. Si l'on suppose un rendement annuel attendu de 8 % pour les actions et de 4 % pour les obligations, le rendement attendu du portefeuille est de 0,6 × 8 % + 0,4 × 4 % = 6,4 %. Ce chiffre évolue en fonction des pondérations.

La beauté de la diversification réside dans le fait que la volatilité peut être inférieure à la moyenne pondérée. Moins les prix des deux actifs évoluent dans la même direction (plus le coefficient de corrélation est faible), plus la volatilité combinée diminue. Par exemple, si les actions chutent de 20 % et que les obligations augmentent ou baissent moins, la perte globale est plus modérée que si l'on détenait uniquement des actions. Cet 'effet de compensation' est le mécanisme clé visé par le 60/40.

Critères d'interprétation de la performance

Lors de l'évaluation d'un portefeuille 60/40, il ne faut pas seulement regarder le rendement absolu, mais aussi le rendement ajusté au risque. Gagner 6 % n'offre pas la même expérience si le drawdown maximal (MDD) a été de -15 % ou de -35 %. Des indicateurs comme le ratio de Sharpe, qui mesure le rendement excédentaire par unité de volatilité, sont utilisés pour cette comparaison.

Un autre critère est de savoir si 'les obligations ont réellement joué leur rôle de bouclier'. L'hypothèse du 60/40 repose sur une corrélation négative ou faible, où les obligations résistent lorsque les actions sont chahutées. Si cette hypothèse est brisée, c'est-à-dire si les actions et les obligations chutent simultanément, les 40 % d'obligations ne peuvent pas fonctionner comme un amortisseur.

Application pratique

Les investisseurs particuliers mettent généralement en œuvre le 60/40 en combinant des fonds ou des ETF qui détiennent des indices boursiers larges et des obligations d'État ou de qualité. Au lieu de choisir des actions et des obligations individuelles, cette approche, qui consiste à ajuster les pondérations via un panier diversifié, est plus simple et moins coûteuse.

La clé de la gestion est le rééquilibrage régulier. Si les actions augmentent fortement, leur pondération peut atteindre 70 %, augmentant le risque au-delà de l'intention initiale. Dans ce cas, une partie des actions qui ont augmenté est vendue pour acheter des obligations, ramenant le portefeuille à 60/40. Ce processus impose naturellement la discipline de 'vendre les actifs chers et acheter les actifs bon marché'. Cependant, les impôts sur les plus-values et les frais de transaction doivent également être pris en compte.

Pièges et limites nécessitant une réévaluation

La plus grande faiblesse du 60/40 est la phase où les actions et les obligations chutent simultanément. Lorsque l'inflation augmente rapidement et que les taux d'intérêt montent en flèche, la hausse des taux fait baisser le prix des obligations existantes et exerce simultanément une pression sur les valorisations boursières. Dans ce scénario, les deux actifs baissent ensemble, et la fonction défensive des obligations disparaît.

La relation inverse entre le prix des obligations et les taux d'intérêt peut sembler contre-intuitive, mais c'est un principe clair. Si vous détenez une obligation avec un taux nominal de 3 % et que les taux du marché montent à 5 %, de nouvelles obligations offrant des intérêts plus élevés apparaissent, ce qui rend l'obligation existante moins attractive et fait baisser son prix. Ainsi, selon l'environnement des taux d'intérêt, les '40' du 60/40 peuvent devenir une source de risque supplémentaire plutôt qu'un bouclier.

C'est pourquoi, plutôt que de s'en tenir strictement au 60/40 comme point de départ, de nombreuses tentatives ont été faites pour diversifier davantage les corrélations en ajoutant des obligations indexées sur l'inflation, des actifs réels, des actifs étrangers, etc. La réévaluation ne consiste pas à dire que le 60/40 est erroné, mais plutôt à reconnaître les limites d'une conception qui repose sur un seul axe de diversification.

Points clés à retenir

Le 60/40 est une structure de division du travail simple : 'gagner avec les actions et protéger avec les obligations'. Sa capacité de défense repose sur l'hypothèse d'une faible corrélation entre les deux actifs. Il est important de se rappeler que dans un environnement de forte inflation et de hausse rapide des taux d'intérêt, où cette hypothèse est ébranlée, les obligations peuvent également subir des pertes.

En pratique, il est plus important de gérer le risque par un rééquilibrage régulier et d'ajouter des actifs diversifiés si nécessaire, plutôt que de s'en tenir strictement aux pondérations. La répartition qui vous convient dépend de votre horizon d'investissement et de votre tolérance aux pertes, il est donc préférable de prendre une décision en fonction de votre situation personnelle.

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⚠️ Ce contenu est une information générale à but pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement de Margin Call. Vos décisions d'investissement relèvent de votre seule responsabilité.